jeudi 13 juillet 2017

Partir un jour, sans retour



Imaginez un instant que vous trouvez le boulot de vos rêves : les missions vous plaisent, l’équipe est sympa, le salaire est convenable, pas super loin de chez vous. Vous foncez. Tête baissée. Sans rien voir autour.
Les premiers mois se passent. La vie est (presque) belle, malgré quelques petits couacs que vous mettez sur le compte de votre inexpérience en management. D’ailleurs, pour mieux gérer tout ça, vous demandez à bénéficier d’une supervision avec une psychologue. 
Première séance avec la psychologue. Beaucoup de questions et d’interrogations de votre part. Les choses vont bien, sont « gérables » au quotidien mais vous sentez qu’il y a un squelette dans le placard. Vous n’arrivez pas à l’expliquer. Vous le sentez. L’équipe n’a pas toujours des réactions que vous attendez, elle ne réagit pas sur certains points et vous ne comprenez pas pourquoi, malgré toutes les questions que vous posez. Quelque chose ne tourne pas rond.

Et puis, à la deuxième séance, comme ça, « au hasard » d’une remarque de la psychologue, vous parlez de votre manager.
Contre toute attente, vous avez plein de choses à dire. Plus que votre conscience ne voudrait, d’ailleurs. Vous parlez, vous parlez, vous parlez, vous ne vous arrêtez jamais. Vous comprenez que vous ne le décrivez pas forcément comme un manager mais comme un gourou. Et puis, vous finissez la séance en larmes, en vous disant que vous avez probablement un problème, VOUS, parce qu’après tout, vous venez d’arriver, c’est à vous de vous adapter et pas aux autres de le faire, vous devez accepter de subir le lunatisme, les décisions arbitraires prises sous le coup de l’émotion et non au nom d’une quelconque « justice » professionnelle, les « non évolutions » de la structure qui vous paraissent pourtant urgentes et cruellement nécessaires. C’est ça, le monde du travail. Vous sortez du cabinet les yeux gonflés. En vous disant que dans une future vie, vous serez vendeuse de chichis sur la plage, ce sera sûrement moins relou.

Vous retournez travailler. Parfois avec la boule au ventre en vous demandant « à quelle sauce serons-nous dévorés aujourd’hui ? ». Mais le public accueilli dans ce travail vous fait un peu oublier le reste. Vous donnez tout, pendant 7h30 chaque jour, pour gérer vos missions. Vous avez envie d’avancer, de faire bouger les choses…car après les larmes, vous vous dites qu’il y a toujours un avenir meilleur possible pour tous, pour peu qu’on ait réellement envie de bouger les choses. 

Mais un jour où la pression est trop forte pour votre manager (pression qu’il se met seul, soyons clairs), il pète un câble. Parle sur un ton inapproprié au travail, vous reproche de le laisser de côté, de ne pas l’associer à certaines décisions. Vous demandez à ce que le ton employé change, il vous répond « c’est toi qui ne me parles pas comme ça ». Vous l’écoutez patiemment vous réprimander…ou plutôt vous chapitrer. Comme à l’école. Le bon point, ce ne sera pas pour cette fois-ci. Vous vous sentez infantilisée. Même vos parents ont toujours eu le respect de vous parler comme à un égal sans se sentir supérieur à vous. Comment se fait-il que dans un cadre professionnel, on se permette autant de familiarité envers vous ?

Une heure après, vient le temps des excuses et des pleurs de la part du manager. Il pleure beaucoup. Dit ne pas dormir beaucoup ces temps-ci. Et il dit que s’il a pété les plombs, c’est parce qu’il se sent « en confiance » totale avec vous. Vous attendez l’instant où il se sentira tellement en confiance, qu’il lâchera un prout en réunion avec un gros rot.

Vous, vous êtes perdue. Des membres de votre équipe entendent, à travers la porte, ce chapitrage et viennent vous voir quand vous êtes seule. Pour vous proposer un thé, un café, un petit biscuit. Vous, vous tenez debout. Vous ne savez pas comment. Parce qu’il y a quelques années, vous seriez partie en vrille pour bien moins que ça. L’âge, ça vous aide, quand même. Et vous tenez surtout à rester professionnelle dans un cadre qui ne l’est pas. Vous acceptez un petit thé qui fait du bien au moral avec des chocolats pour adoucir cette belle journée de merde.

Et là, à tour de rôle, chaque membre de l'équipe vient se confier sur son mal être au travail. Vous écoutez patiemment. Vous reprenez un thé, puis deux. Vous finissez la boîte de chocolat.  Au cours de ces entretiens, l'équipe se confie à coeur ouvert, avec maladresse parfois mais toujours dans un esprit de partage. Vous êtes touchée, chamboulée. Vous ne savez pas rester indifférente à cette détresse. Ce qui s'est passé avec vous ce jour-là s'est produit plein de fois avec plein de salariés. Alors maintenant, plus personne ne parle. Ne pas faire de vague. Vous comprenez d’un coup où sont les squelettes. Plus vous grattez et plus vous voyez la lumière. Plus vous la voyez, moins votre besoin d’éthique est satisfait. En fait, un sentiment de honte vous envahit presque. Vous avez fait partie de ce cirque pendant 7 mois.

Alors vous prenez le temps de la réflexion. Le temps des vacances. Etre à l’air libre, ne pas parler boulot, y penser quelques fois au hasard d’une randonnée. Et remettre les choses dans l’ordre.
Vous avez 34 ans. Vous êtes compétente et professionnelle. Vous aimez votre boulot. Mais vous n’accepterez pas tout pour ça. Votre besoin d’éthique et de justice est bien trop grand pour vous laisser complètement envahir par un tiers. Vous ne pouvez pas travailler avec des personnes caractérielles aux comportements aléatoires qui ressemblent à s'y méprendre à, ce qu'on appelle dans Psychologie Mag, du "harcèlement moral". Vous avez besoin de vous sentir en confiance, tant sur le plan intellectuel, émotionnel que professionnel. Or, dans ce contexte, vous n’avez rien de tout ça.
Vous rentrez de vacances, vous consultez votre contrat de travail et découvrez que vous avez 4 mois de préavis. 4 mois. Vos réalisez que votre employeur se couvre au max. Mais rien ne vous arrête et posez votre démission.
Au moment de la remise du courrier en main propre, une réaction mitigée de la part de votre manager qui essaie de chercher ce qui n’a pas fonctionné. Vous lui donnez la raison. Il cherche d’autres raisons car vous lui dites clairement n’avoir aucune confiance en lui. Ce n’est pas une raison, pour lui, il n’a rien fait qui ne justifie ça. Bon, ok, il admet vous avoir mal parlé mais c’est arrivé « qu’une fois ». Ironiquement, il vous reproche de ne pas vous remettre en question. Hashtag HôpitalCharité.

Vous, vous vous sentez légère. Vous savez que vous allez en chier sévère pendant 4 mois et qu’on va bien vous faire payer cet affront mais peu importe. Vous partez propre, droite dans vos bottes, avec votre professionnalisme en vous disant que chaque expérience est bonne à prendre.

Intérieurement, votre petit cœur de personne qui essaie d’être humaine le plus possible, souffre. Un peu. Ça reste une grosse déception professionnelle pour vous. Mais encore une fois, il faut toujours croire en ses capacités et en sa possibilité de rebondir. Toujours. 

Égoïstement, quand vous annoncez votre départ à quelques membres de l'équipe, on vous dit que c'est "la meilleure chose qui puisse vous arriver professionnellement" (!!) avant de préciser de ne pas vous remettre en question. Ce qui a déconné, ce n'est pas vous. C'est tout bête, mais avouez...ça fait du bien.

De votre coté, malgré ce chagrin professionnel, vous continuez à imaginer que faire un travail qu’on aime dans une structure bienveillante est possible…Parce que vous êtes comme ça, pleine d'optimisme. 

Ne jamais rien lâcher.

mardi 14 février 2017

Facing new challenges

Salut mes petits bouchons,

Des mois sans post, sans écrire, à griser des carnets sans aboutir à des textes complets. Il faut dire que les derniers mois ont été assez remuants. Et continuent à l'être d'une certaine manière.

J'ai changé de travail le 2 janvier. J'ai quitté la Fonction Publique, ses délices de Capoue et mes ex-collègues confits dans la bêtise la plus profonde pour rejoindre le milieu associatif et être directrice adjointe d'une structure qui accueille des familles dont les enfants ont un cancer. 

Étrangement le sujet de mon post aujourd'hui n'est pas du tout lié au public que nous accueillons au quotidien, sur lequel je n'ai finalement pas grand chose à dire, si ce n'est que je reste épatée par la force de l'être humain dans ces circonstances peu gaies. Il y a de très jolis moments dans ce travail avec le public, j'en ferai peut-être un post un jour mais pour le moment, j'ai envie de garder tout ça pour moi. Comme une grosse égoïste de sa race. LOL.

Non, aujourd'hui, je voulais surtout vous faire part de mes quelques réflexions sur mes nouvelles fonctions en tant que responsable. Je me pose beaucoup de questions, j'essaie d'analyser, de comprendre et je me dis qu'écrire permet de prendre du recul. Et puis...peut-être que vous allez me répondre sur les réseaux sociaux en me disant : "T'ES PAS SEULE, NOUS AUSSI ON VIT LA MEME CHOSE !" ? On pourra ainsi former un groupe et faire une chanson, comme des célébrités américaines, We are the World !

Donc je me retrouve à être directrice adjointe d'une équipe de 8 personnes. Malgré mes différentes études et surtout mes expériences, je trouve qu'on n'est jamais préparé à manager nos semblables. Surtout quand on se sent une fibre humaniste. 
Mes derniers bosses en date étaient tellement mauvais qu'ils m'ont poussé à prendre d'autres fonctions. J'aimais mon métier de petit travailleur social armé d'une modeste volonté de changer le monde. Mais je ne supportais plus leur façon nauséabonde d'encadrer. Ce que je leur reprochais ? Aucun professionnalisme, aucun soutien de l'équipe, ils adoraient jouer au jeu des préférences et du copinage (surtout avec les agents syndiqués). Ils n'avaient aucune compétence technique : ils étaient là parce qu'ils ont eu "l'opportunité" d'être encadrants à un moment donné. Juste une question d'opportunité. Pas une question de compétence. Flippant, hein ? Mais tellement "Fonction Publique" *cœur de love*

Quand j'ai quitté mon précédent poste, j'avais en tête une idée très précise du manager que je voulais être. Je voulais soutenir mon équipe, être à l'écoute, prendre des décisions justes même si elles ne font pas plaisir à tout le monde. Je ne voulais pas être populaire. Je ne voulais pas de réunion qui dure éternellement sans avoir abouti à quelque chose.

Bilan après un mois et demi : ce n'est vraiment pas si simple que ça. 


Si j'espère ne jamais atteindre la médiocrité de mes ex-boss (j'ai la faiblesse de croire qu'il y a quand même une bonne marge avant d'arriver à leur niveau), il y a clairement un fossé entre : le manager que tu veux être, la réalité du terrain et ce qu'on t'a appris à l'école ou que t'as lu dans "Management for dummies". 
La réalité du terrain : être confrontée à des réactions totalement imprévisibles de la part de ton équipe. Ce qui est évident pour toi ne l'est pas pour tous, t'obligeant constamment à t'adapter et à être créatif. 

Allez, je vous raconte une anecdote pour illustrer mes propos. Une de mes collègues a perdu un membre de sa famille récemment et a du mal à faire face. Les jours qui ont suivi le décès, elle a multiplié les bourdes (elle est tête en l'air de nature), qui sont vraiment lourdes à gérer après coup. Ma boss partant en vacances pour 3 semaines, il a fallu gérer la situation.

Lundi matin. Je lui propose un allégement de ses missions, de façon temporaire, afin d'éviter les bourdes. Je prends en charge une partie de ses tâches et je demande à une autre collègue de prendre l'autre partie. Il ne lui reste que quelques missions à remplir, missions néanmoins utiles à notre équipe mais qui nécessitent beaucoup moins de concentration. 
Je ne dis pas que c'est l'idée du siècle mais ça me semblait plutôt "juste" de réagir ainsi alors que je la voyais en difficulté. 
Je lui propose donc cette façon de travailler pour 3 semaines, en réexpliquant le cadre "j'ai vu que c'était dur pour toi en ce moment, prends le temps de te poser en douceur". 
Et contre toute attente (du moins, contre toutes mes attentes), elle le prend super mal. Elle tire une tête impossible quand je lui explique ce que je voulais mettre en place. Sentant son malaise, je lui demande de me dire ce qui ne va pas. Elle ne répond pas.
J'essaie de mettre des mots pour elle "Tu te sens dépossédée de ton travail ? C'est temporaire...comprends bien qu'en venant juste d'arriver dans la structure et devant tout gérer seule pendant 3 semaines, je veux que tu sois au top dans tes fonctions. Si je sais que je dois contrôler ton travail au quotidien dans les moindres détails, ça ne va pas être confortable : ni pour toi, ni pour moi." Elle m'a alors parlé, dans un discours extrêmement confus, de ses problèmes au début de sa prise de poste, du fait que c'était la première fois qu'elle travaillait en France etc. Comme si elle cherchait des excuses alors que je ne lui demandais même pas ça, je la vois en galère, je réagis en mettant provisoirement en place un fonctionnement. Stop.

C'est quand même très particulier : t'es face à quelqu'un qui ne fait pas bien son travail, qui ne veut pas s'arrêter pour des raisons financières, à qui tu proposes une solution et qui t'envoie limite chier. Je me dis que j'aurais dû faire ma boss de droite. Comprenez : la laisser bien s'enfoncer et lui envoyer recommandé sur recommandé pour la virer. Un peu comme ça :



Dans ces moments-là, voyez, je n'ai pas la solution. 
J'aimerais parfois avoir un mentor, une sorte de super modèle que je pourrais consulter quand il y a nécessité. Une sorte d'Obi-Wan qui me mettrait sur le chemin. Sauf que voilà, il n'y a pas grand monde. Alors j 'avance. Petit pas par petit pas. Et peut-être qu'un jour, j'écrirais un livre sur mes anecdotes de manager. 

Qui sait ?

mardi 5 juillet 2016

D'humeur oulipienne

Au cas où vous seriez passés à côté (parce qu'il est vrai qu'on en a assez peu parlé dans Closer et Match), j'ai pris des cours d'écriture cette année.
Je n'y suis pas allée dans l'espoir de devenir un grand écrivain (je ne le serai jamais), d'améliorer mon style (trop de boulot, je suis trop paresseuse) ou d'apprendre à écrire. Non. J'y suis allée parce qu'il n'y avait plus de place au cours de yoga. 


Plus sérieusement, s'il est vrai que je suis arrivée dans ce cours par hasard, je n'avais aucune attente particulière. J'ai pourtant véritablement accroché avec le format : 2 heures par semaine, un petit groupe, un "prof" super marrant et des exercices "oulipiens" (bon, on se calme, on n'est pas des Georges Perec en puissance non plus). On commence par un petit topo sur un livre choisi par le meneur de l'atelier (du coup, on gratte du conseil lecture en veux-tu, en voilà), on prend un passage de ce livre, le meneur donne la consigne et on doit nous même produire individuellement un texte en s'appuyant sur le texte d'origine et sur la consigne.
Dans le jargon de l'atelier d'écriture, on appelle ça "écrire sous contrainte". Je n'aime pas trop cette expression. A chaque fois que j'en parle, j'ai l'impression que les gens vont s'imaginer que le prof nous forçait à écrire avec un gun sur la tempe et qu'il hurlait en plaçant son doigt sur la gâchette "PUTAIN TU L'ECRIS TON TEXTE ?!! TU L'ACCOUCHES, TON PARAGRAPHE ???!!!!". Du coup, je préfère éviter de parler d'écriture sous contrainte.
Bref, donc on a 40 minutes pour écrire environ et ensuite, chacun à tour de rôle, on lit notre prose devant tout le monde.
La lecture était un moment très étrange au début, il fallait mettre de côté le regard, le jugement éventuel des autres (même si on ne commentait pas ce qu'écrivaient les uns et les autres). Il fallait "ne pas avoir honte" de lire nos textes, hésitants, brouillons, incomplets, avec de grosses fautes de syntaxe, de grammaire et tout ce qui peut faire le charme (ou pas) d'un texte amateur. Néanmoins, petit-à-petit, j'ai réalisé quelque chose de fondamental : j'aime faire rire les autres. 
Oh oui, je te vois sourire, toi lecteur fidèle, qui rit en lisant mes âneries, mes coups de gueule ou mes mémoires de jeune fille bien dérangée. Mais crois-moi, je n'avais pas pris conscience de ça avant cet atelier. 
Assez naturellement, j'adaptais les consignes et les textes à ma sauce, toujours en mettant ma "patte" (al dente) : le jeu de mots qui fait rire, la référence à un film débile, des dialogues loufoques et puis aussi des thèmes d'actualité qui me touchent, me révoltent. J'avoue avoir tiré une jouissance particulière à voir mes compagnons d'atelier ainsi que notre meneur se bidonner de rire devant une tirade bien sentie.  Bref, j'ai soudainement eu envie de devenir Kev Adams. 


Mais toutes les bonnes choses ont une fin. Et l'été arrivant, l'atelier s'est terminé. Cela fait deux semaines maintenant et je sens qu'il me manque quelque chose. Je ressens comme un vide, une absence, je ne sais pas trop ce qui me fait le plus défaut : le groupe, l'écriture ou le fait d'aimer faire rire ? Peut-être un savant mélange des 3 à la fois. 
Du coup, je me lance, sous vos yeux ébahis, pour vous mesdames, pour vous messieurs, ce soir, sur cette magnifique piste du cirque Mougli-Lionne...

Ce soir, je décide d'écrire avec la consigne "Si j'étais.../ Tu serais...". En général, les consignes qu'on nous donnait étaient un peu plus chiadées que ça mais bon, je débute dans l'idée de m'imposer des consignes d'écriture alors hein, poupougne. 

Allez, on y va. 

Si j'étais Adolph Hitler, tu serais Eva Braun....

No no no !!! Wait a minute ! On veut du propre quand même hé ho !!! On n'est pas dans le boudoir de la Mère Michèle, là !

Ok, je me reprends (oui, ce soir nous sommes plusieurs dans ma tête, comme souvent d'ailleurs). 

Si j'étais Dieu, tu serais bien dans la merde, vu que je ne crois pas en lui. Par conséquent, je ne croirais pas en moi. Qui pourrait imaginer un Dieu qui ne croit pas en lui ? Genre Dieu, qui a des inquiétudes, des angoisses, à propos de tout et n'importe quoi. Dieu sous Prozac. Qui pète un plomb parce qu'il a plein de trucs à faire, qu'on le sollicite en permanence mais qu'il n'y arrive plus, qu'il n'a qu'une seule envie : s'étendre sur le fauteuil de son psy pour déverser sa haine de l'humanité...Ça aurait de la gueule. 

Si j'étais un homme, tu serais en admiration devant mon torse musclé et huilé, mon "pecto boom" sexy, mon corps athlétique d'avoir passé trop de temps à la salle de sport, ma dégaine à la John Wayne. Car oui, si j'étais un homme, je serais un bon gros blaireau qui irait pécho en boîte le samedi soir avec des techniques de drague bien douteuses du style "Toi, tu t'appelles Google, non ? Parce que t'as tout ce que je recherche". 

Si j'étais une chanteuse, tu serais sourd...comme un pot ou comme Beethoven (le compositeur, pas le chien). Oui parce que je chante très mal. Même sous la douche, quand l’acoustique de la salle de bain devrait flatter mes cordes vocales. Alors vois-tu, je préfère te rendre sourd à ce désastre. Ne me remercie pas, c'est normal.

Instant brouillon (car oui, comme le veut tout écrit, il y a du brouillon qu'on barre, qu'on efface, qu'on rature sauvagement). 
 ̶S̶i̶ ̶j̶'̶é̶t̶a̶i̶s̶.̶.̶.̶S̶i̶ ̶j̶'̶é̶t̶a̶i̶s̶ ̶q̶u̶o̶i̶.̶.̶.̶?̶ ̶L̶e̶ ̶p̶r̶e̶m̶i̶e̶r̶ ̶t̶r̶u̶c̶ ̶s̶u̶r̶ ̶l̶e̶q̶u̶e̶l̶ ̶s̶e̶ ̶p̶o̶s̶e̶n̶t̶ ̶m̶e̶s̶ ̶y̶e̶u̶x̶.̶ ̶U̶n̶e̶ ̶c̶h̶a̶i̶s̶e̶.̶ ̶O̶k̶,̶ ̶
s̶i̶ ̶j̶'̶é̶t̶a̶i̶s̶ ̶u̶n̶e̶ ̶c̶h̶a̶i̶s̶e̶,̶ ̶t̶u̶ ̶s̶e̶r̶a̶i̶s̶.̶.̶.̶r̶h̶a̶ ̶p̶u̶n̶a̶i̶s̶e̶.̶ ̶P̶a̶s̶ ̶f̶a̶c̶i̶l̶e̶.̶ ̶A̶l̶o̶r̶s̶.̶.̶.̶S̶i̶ ̶j̶'̶é̶t̶a̶i̶s̶ ̶u̶n̶e̶ ̶c̶h̶a̶i̶s̶e̶.̶.̶.̶q̶u̶'̶e̶s̶t̶-̶c̶e̶ ̶q̶u̶e̶ ̶t̶u̶ ̶
p̶o̶u̶r̶r̶a̶i̶s̶ ̶b̶i̶e̶n̶ ̶ê̶t̶r̶e̶ ̶?̶ ̶U̶n̶ ̶p̶o̶s̶t̶é̶r̶i̶e̶u̶r̶ ̶q̶u̶i̶ ̶s̶'̶a̶s̶s̶o̶i̶t̶ ̶d̶e̶s̶s̶u̶s̶ ̶?̶ ̶M̶o̶u̶a̶r̶f̶,̶ ̶n̶o̶n̶.̶

Si j'étais une corde, tu serais mon pendu. Parce que j'ai toujours été une grande romantique au fond, même si je refuse l'idée d'épouser qui que ce soit, même si je ne rêve pas d'une grande robe blanche et d'un sourire ultra bright colgate-signal-tonyglandil devant une pyramide de verres remplis de champagne. Donc oui, la corde et le pendu, ça me fait penser au mythe d'Orphée (celui qui se retourne alors qu'on l'avait prévenu qu'il ne fallait pas, le con !) et d'Eurydice, ça me donne l'impression d'un lien indéfectible jusqu'à la mort. 

Si j'étais James Dean, tu serais ma voiture. Là encore, l'idée du lien indéfectible jusqu'à la mort. 

N'hésitez pas à poursuivre l'exercice, en commentaire, sur facebook, chez vous, en famille. Tenez, dimanche prochain, quand vous irez déjeuner chez Mémé Georgette et Papy Roger, tentez de lancer le jeu à table. Vous verrez : soit ils n'y comprendront rien (vous avez l'habitude), soit ils n'y comprendront rien. Au pire, ça vous occupera toujours 5 minutes entre deux conversations racistes et stériles.

En vous remerciant !


samedi 18 juin 2016

Service après vente du travail social, bonjour ! Que puis-je faire pour vous ?

"[...] Je ne suis qu'amour et finalement, quand beaucoup de gens aujourd'hui me disent: "Mais comment fais-tu pour avoir cette humanité ?". Eh bien je leur répond très simplement, je leur dis: "C'est ce goût de l'amour". Ce goût donc qui m'a poussé aujourd'hui à entreprendre une construction mécanique, mais demain qui sait ? Peut-être simplement à me mettre au service de la communauté, à faire le don, le don de soi."

Au début, je voyais un peu le travail social comme Otis voit la construction des ascenseurs. Quelques années plus tard, faut dire que ma conception de l'humanité en a pris un coup. Forcément. C'est normal. On idéalise toujours beaucoup les choses : notre profession, notre vie, nous-mêmes, nos amours, nos amis. Le tout est d'arriver à trouver un compromis créatif qui ne nous frustre pas trop sans renoncer à ces idéaux. 

Souvent, les travailleurs sociaux sont accusés de tous les maux de la Terre. Les usagers (nos "clients") nous voient comme des super héros, des fées clochettes qui "peuvent" tout faire, tout résoudre. On est l'ultime rempart avant la déchéance pour certains. Une machine à cash pour d'autres. Sauf que c'est vraiment accorder beaucoup trop de crédit à nos missions de penser qu'on peut sauver l'humanité entière, comme je le disais dans le post précédent. 

J'ai décidé de compiler dans ce post les sorties mythiques que j'ai pu entendre ces derniers mois, provenant d'usagers.  Si parfois, j'ai la sensation de faire un métier utile, il m'arrive aussi d'avoir la sensation de faire du service après-vente "je suis venu te voir pour une prestation, je suis pas satisfaite du rendement, alors à toi de te démerder pour que j'ai ce que je demande". Très emblématique de la société : tout tout de suite, maintenant et tu te débrouilles sinon je te mets la pression jusqu'à ce que tu cèdes.
Je précise quand même : ce n'est pas la majorité des situations. Je dirais qu'on a 20% de personnes qui nous prennent pour des larbins et entrent dans une relation où on leur "doit tout". 20% c'est pas énorme mais croyez-moi, ils sont capables de vous pourrir une journée, de vous énerver, de vous donner envie de crier, de jeter votre tasse de thé contre un mur.
Encore heureux, il reste les 80% qui peuvent se montrer à l'écoute, acteurs, drôles, émouvants, agréables et qui savent t'utiliser à bon escient. Vous trouverez également leurs perles au milieu de tout ça.

ACTION !

1. "Mon assistante sociale ne fait rien pour moi"
Je pense que tout travailleur social qui se respecte a déjà entendu cette grande phrase, un grand classique des services sociaux "mon assistante sociale ne fait rien pour moi" et son pendant "mon assistante sociale n'est pas compétente". 
Je reconnais que la qualité des travailleurs sociaux est quand même très aléatoire d'une personne à une autre. Je reconnais aussi avoir été choquée par la pratique de certain(e)s pairs, pour qui éthique et professionnalisme sont des mots parfois abscons (on dirait poliment qu'on ne "place pas le curseur au même endroit").
Maintenant, il faut distinguer "mon assistante sociale ne fout rien parce qu'elle est blasée par son métier, elle se fait chier depuis 8 ans dans le même service, elle ne supporte plus sa hiérarchie, son équipe, son boulot mais ne bouge pas parce que...ben c'est quand même bien confortable d'être dans un service à 20 minutes de transport de la maison, qui te permet de quitter à 17h pour aller chercher les enfants et d'avoir tes mercredis pour les garder" du "mon assistante ne fait rien de ce que je lui demande". 

Non parce qu'en fait, toi...t'as fait quoi pour toi, au juste ? Est-ce que t'as pensé aussi à aller chercher ce que tu veux ou t'entends que ça tombe tout cuit du ciel ? T'attends qu'on fasse à ta place ? Qu'on te materne comme si t'étais un gamin de 3 ans ? Pas de bol, je suis ni garde chiourme pour te couver, ni Jaqen H'ghar pour prendre ta place. Alors on se motive, on reprend courage et BAM, on FONCE !!!!! 

2. "Mon assistante sociale est toujours absente"
Ah ben oui, ton assistante sociale a honteusement 55 jours de congés à poser par an, sinon, elle les perd. Et à cela, s'ajoutent les jours de formation. 
Je suis d'accord : ce quota de jours de congés est parfaitement scandaleux, surtout quand dans le privé on tourne à 25 jours par an. 
Maintenant j'ai 2 solutions : soit je chie sur mes jours de congés en trouvant cela "pas normal" d'en avoir autant, du coup je ne les pose pas et je les offre à mon employeur (est-ce que tu ferais, ça, toi ?). Soit je les pose. 
J'ai choisi la 2e solution, en grosse égoïste que je suis.
Donc oui, il y a 55 jours dans l'année où je suis loin du service, où je ne pense pas à toi, usager, je te le dis sincèrement. Parce que crois-moi, écouter la misère des autres, 37h par semaine en moyenne, ça épuise. Mais ça, bien sûr, tu ne le vois pas, parce que quand on a des soucis, seuls eux comptent. 

3. "Puisque c'est comme ça, je veux changer d'assistante sociale"
Elle : "Je veux vous voir, c'est urgent"
Moi : "Très bien, je peux vous proposer un rendez-vous dans 3 semaines, tel jour, telle heure."
Elle : "vous ne pouvez pas avant ?"
Moi : "non, désolée. Sinon venez me voir en permanence ouverte sans rendez-vous le lundi si c'est vraiment "urgent"
Elle : "oui mais le lundi je travaille...Je voudrais un rendez-vous la semaine prochaine, idéalement vendredi à 16h30"
Moi : "impossible, je suis déjà en rendez-vous à cette heure-ci.... De plus, je vous fais remarquer que je ne vous ai vu qu'une fois il y a 3 mois, vous êtes partie passer 1 mois et demi de vacances au pays, vous avez raté deux rendez-vous par la suite..."
Elle : "c'est pas normal, ça !!!!! je veux changer d'assistante sociale !!! comment faut faire ?"
Moi : "c'est très simple, écrivez un courrier à la direction, dites-lui que votre assistante sociale ne vous reçoit pas comme vous le désirez quand vous claquez des doigts. Ma directrice vous recevra. Mais je vous préviens, il faudra bien argumenter votre courrier". 
Elle raccroche. 

Au final, elle m'a encore planté le rendez-vous cette semaine. J'attends qu'elle me rappelle "en urgence". 

4. Les retardataires chroniques avec toujours des excuses farfelues
Moi : "Mme X. je suis désolée, vous arrivez avec 25 minutes de retard, je ne peux pas vous recevoir"
Elle : "Oui mais c'est pas de ma faute, j'ai eu des problèmes de bus, puis des problèmes de métro et puis fallait aussi que je passe voir mon courrier à la domiciliation"
Moi : "Pourquoi ne m'avez-vous pas prévenu ? On se serait arrangées autrement !"
Elle : "Ah mais oui mais vous ne m'avez pas donné votre numéro !"
Moi : "si...il est inscrit sur le papier que vous tenez dans la main"
Elle (colère) : "vous êtes payée vraiment à rien foutre !"
Moi : "très bien, on s'en tiendra là, rappelez moi pour qu'on fixe un autre rendez-vous. Aurevoir, Mme X". 

En fait, 2 jours par semaine, je reçois en non stop. Je reçois 8 personnes en une journée. Si dès le premier rendez-vous, l'usager arrive avec 25 minutes de retard, c'est même pas jouable pour la suite. Les personnes qui arrivent à l'heure seront pénalisées, donc non. Et tant pis si je suis payée à ne rien foutre. 

5. Les impatients
Elle (avachie sur sa chaise, son chewing gum qui fait des bulles, les écouteurs sur les oreilles) : "nan mais là faut faire quelque chose Mme parce que ça fait 15 jours que je suis en hôtel du samu social et j'en peux déjà plus. Il faut me trouver un appartement pour moi et mes deux enfants"
Moi : "je préfère être claire de suite : à Paris, la situation vis-à-vis du logement est tellement compliquée que ce n'est pas en 15 jours que vous aurez un appartement, encore moins quand il n'y a aucune insertion professionnelle et quand il n'y a que le RSA en ressources...Vous êtes allée faire la demande de logement social dont on avait parlé la dernière fois ?"
Elle "non, je n'ai pas eu le temps"

Instant douceur avec Mme C. 
Elle : "Je peux vous demander quelque chose ?"
Moi : "oui, dites-moi"
Elle : "Je ne sais pas comment vous faites..."
Moi : "Comment je fais pour quoi ?"
Elle : "Votre travail. A chaque entretien, je pleure. Vous êtes mon travailleur social, vous m'écoutez, me conseillez...vous m'engueulez quand ça ne va pas. Vous me soutenez quand j'en peux plus. Vous avez toujours le sourire, toujours de bonne humeur. Si vous faites ça pour tout le monde, vous devez être fatiguée le soir en rentrant chez vous, surtout si vous avez des enfants qui hurlent et qui vous demandent encore de l'attention"

6. Les mégalos
Lui "Si j'arrive pas à trouver travail c'est à cause de l'économie. L'économie pas bonne ici"
Moi "Monsieur X, vous cherchez du travail depuis 9 mois maintenant. A chaque fois, vous me dites que vous savez tout faire : le carrelage, la peinture, la plomberie...Je vous ai orienté vers des contrats aidés, ils m'ont tous dit que vous n'aviez pas le niveau que vous dites avoir...Alors maintenant, il va falloir à changer de stratégie et peut-être partir en formation"
Lui "MOI J'AI REFAIT 5 MAISONS A MON PAYS, MOI GRAND GRAND OUVRIER, MOI JE VIENS CHEZ TOI QUAND TU VEUX FAIRE LA PLOMBERIE, MOI GRAND OUVRIER MOI PAS FORMATION". 

Lui, Zlatan. 

7. Les fines bouches
Moi : "votre candidature a été retenue pour une place en CHRS"
Elle "ah oui ? il est où ?"
Moi : "dans le 17e"
Elle : "Ah non, je refuse, je n'aime pas ce quartier. J'avais bien précisé lors de ma demande, les arrondissements 11, 12 et 13. Le reste, je n'aime pas". 

Au passage, c'est 9 mois d'attente pour avoir une place en CHRS (foyer), hein. Et encore, ça reste une moyenne. Elle a grillé sa cartouche.

Lui : "Vous comprenez, quand on compare l'hôtel du 115 de la semaine passée et celui où on nous a mis cette semaine, on est clairement descendu niveau standing !"
Je crois que cette phrase m'éclatera à jamais. Parler d'hôtel 115 et de standing dans la même phrase. Génial. 

8. Le voyage à Washington qui tombe mal
Elle : "j'en peux plus de cette situation...pleurs...pleurs...je dors chez une amie depuis 3 ans...même pour elle c'est pas facile...ohlàlà...non pas facile...repleurs...repleurs...repleurs...J'en peux plus, je craque"
10 minutes plus tard. 
Moi : "Bon, Mme X, on reprend début juillet pour faire le point ?"
Elle : "ah ben non, je pars 3 semaines à Washington pour un mariage. D'ailleurs, est-ce que vous pourriez récupérer mon courrier et le lire pendant mon absence ? Je vous laisse le portable de ma nièce qui sera avec moi : vous l'appelez s'il y a une proposition de logement, elle me transmettra". 

Mais oui ! Bien sûr ! 100 balles et un Mars en prime à ton retour ? 

L'instant détente avec Mme D. 
Elle : "c'est gentil de me proposer tous ces ateliers. Mais vous savez, être avec tous ces pauvres et ces gens...enfin...vous me comprenez...des...bon ben...des euh...des immigrés, quoi ! Bon ben voilà être avec ça, ça me fatigue et m'exaspère rien que d'y penser !"

9. Confondre travailleur social et écrivain public
Elle : "J'ai besoin que vous m'écriviez une lettre pour la CAF"
Moi : "Pour quelle raison ?"
Elle : "J'ai un rappel de 2500 euros que vous devez faire sauter."
Moi : "Attendez, ça fait 6 mois que je ne vous ai pas vu, vous m'appelez pour me demander de faire une lettre pour "faire sauter" un rappel CAF. Et rien ne vous choque ?"
Elle : "Bah c'est votre métier, vous êtes payée à quoi ?"

Pas à faire tes courriers, en tout cas. Je ne suis pas ta secrétaire, je ne suis pas ton esclave à ta dispo H24 dès que t'as un souci avec la CAF.  En plus quand les personnes me disent "vous devez", rien que ça, ça me hérisse le poil. 
Sans oublier que cette personne parle sur un ton en permanence désagréable et qu'elle tchipe. Oui. Elle tchipe. Un jour, d'ailleurs, je lui fais remarquer "et s'il vous plait, ne me tchipez pas, je ne suis pas votre amie, votre copine ou votre soeur. Je ne vous ai jamais mal parlé et je vous respecte. J'attends de vous que vous fassiez la même chose". Là elle s'est mise à pleurer. Car oui, je fais pleurer les gens, des fois (hinhinhin).

10. "Ma copine elle m'a dit que son assistante sociale, ELLE, ..."
Ca c'est le grand phénomène mondial : l'assistante sociale parfaite qui résout tout d'un coup. Celle qui n'existe pas mais en laquelle les gens croient. 
Ainsi, régulièrement, on a le droit à "Ma copine, ben son assistante sociale lui a trouvé un logement dans le 15e comme ça, en 2 mois"...mais oui ! 
Souvent, je balance une réponse que j'adore : "donnez-moi le numéro de cette assistante sociale, il faut qu'elle m'explique son secret. Si si je vous assure, je suis très étonnée de ses prouesses...Elle travaille où ? On va lui faire une visite groupée avec mes collègues tellement cela nous impressionne". En général, ça calme direct. 

Le mot de la fin, je le laisse à Mme Z (un jour, je promets que je ferai un post sur elle parce que cette femme mériterait à être connue), avec son accent maghrébin, ces petites manies qui m'a dit vendredi :
Elle : "t'y sais, ici dans le monde, moi j'y fais confiance qu'à deux personnes : toi et Dieu"
Moi : "Je suis touchée d'être au même rang que Dieu, Mme Z. ! Mais je crois que c'est un peu trop"
Elle : "si. moi pas le moral, moi viens te voir et toi, toujours rassurer moi. Toi là, toujours pour les papiers, pour m'aider, toi ty comprends même quand moi j'y parle pas le français trop bien. Alors toi t'y es pas Dieu parce que y a qu'un Dieu mais c'est pareil". 

Là, je vous dis même pas les chevilles...

dimanche 5 juin 2016

Tout ce que vous avez toujours rêvé de savoir sur les Cinque Terre sans jamais oser le demander

Après 5 jours passés dans les Cinque Terre, paradis méditerranéen de Ligurie, je voulais faire un petit topo sur mon expérience et mon ressenti. 

Les Cinque Terre sont 5 petits villages médiévaux, construits dans des criques ou sur des rochers, surplombant la mer. 
Au delà de la beauté époustouflante des paysages, leur originalité réside dans le fait qu'on ne peut les rejoindre qu'en bateau ou en train. On oublie la voiture.

I. Ce qu'il faut savoir avant de se décider à partir
- ne pas y aller si vous n'aimez pas la marche : c'est le moyen le plus sûr de voir un maximum de choses
- évitez les béquilles, les poussettes et les fauteuils roulants : les villages ne sont pas du tout adaptés
- préparez-vous à monter, beaucoup beaucoup beaucoup d'escaliers ! Si t'as des problèmes d'articulation (aux chevilles, aux genoux...) ou aux hanches...oublie. Va à Amsterdam.

II. Un point sur le budget (CESF power)
Y aller
Vous pouvez gratter du vol Paris - Milan à prix raisonnable (140 euros aller retour), prendre une navette de l'aéroport qui vous conduira à la Gare de Milano Centrale (5 euros) et ensuite prendre un train direct jusqu'aux 5 Terre.
--> Sur le site Italiarail, vous trouverez de très très bons prix quand on réserve plusieurs mois à l'avance. Par exemple, vous pouvez obtenir un voyage Milan - 5 Terre pour 18 euros en première classe. Notez, le jour J, j'ai regardé aux machines : le même billet en seconde classe était à 36 euros...A vous de voir mais encore une fois, plus on prépare en amont, plus on économise !
Si vous n'êtes pas pressé et que vous aimez les longs voyages, il existe aussi des Paris - Milan en train couchette. Vous partez de Paris à 19h et vous arrivez à 6h le lendemain. Il faut compter 70 euros l'aller - retour.

Attention : étant donné la localisation des villages, je déconseille très fortement la voiture. Les parkings sont hors de prix pour le peu qu'on a vu. Privilégiez les transports en commun.
L'hébergement :
Généralement très cher dans les villages (ça monte facile à plus de 100 euros la nuit) MAIS grâce à des sites du type bedandbreakfast.com, vous pourrez trouver quelques pépites. Nous avons été hébergés à Vernazza, l'un des 5 villages pour 75 euros par nuit. Une grande chambre avec salle de bain et toilettes privatives. Un frigo. Pas de quoi cuisiner mais compte tenu de notre programme, ce n'était pas spécialement utile. L'avantage d'être dans le village, c'est que vous pouvez savourer le calme le soir, une fois que tous (ou presque) les touristes sont partis, étendre votre linge aux fenêtres comme les locaux et manger une glace tranquillou bilou en écoutant le son des vagues...
Levanto et La Spezia sont les deux grandes villes bordant les 5 Terre, elles offrent pas mal de possibilités d'hébergement mais vous devrez prendre le train pour aller aux villages. Ou le bateau. Ou les pieds pour les plus courageux. Au choix.

Transition toute trouvée pour parler des déplacements !

Les déplacements
Sachez qu'il y a deux types de chemins de randonnées aux Cinque Terre :
* le sentier (ay ay ay) des Cinque Terre, dit "Sentier Azzuro" qui relie tous les villages, pas mal d'escaliers.
Les "+" : un chemin assez accessible, même aux moins sportifs (bon ma remarque en début de post se confirme ici, si vous avez des soucis de santé, on oublie...c'est accessible mais pour une personne en bonne forme physique), balisé en rouge avec l'indication "5T"
Les "-" :
LE PRIX !!!!!!!!!!!! Il faut payer 7.50 euros par jour et par personne pour accéder à ce chemin !!! Il y a des forfaits "train / randonnée" à 11 euros par jour et par personne.
Je comprends tout-à-fait la nécessité  d'entretenir ces chemins et de faire payer...Mais 7.50 euros pour des chemins pas plus entretenus que ça, sur lesquels personne n'a eu l'idée d'installer ni poubelle, ni toilettes, je trouve ça un peu fort d'Espresso.
De plus, les chemins sont payants qu'à certains mois de l'année et seulement de 9h à 18h (visiblement, quand il y a beaucoup de touristes).
Astuce : si vous décidez de partir tôt pour les randos, avant 9h, vous passez gratos et personne ne vous demandera rien. 
Autre gros point négatif : le monde. Tout le monde emprunte ces chemins. Si mi-mai, on se sentait bien oppressés par tous ces groupes de touristes venus faire la même rando que nous (quelle hérésie), je n'ose imaginer ce que ça peut donner en plein été ! Je suis peut-être sauvage mais m'arrêter toutes les 5 minutes pour laisser passer les gens qui viennent dans le sens opposé du mien, c'est parfaitement insupportable.

*les chemins de randonnées "bis", qui relient également les villages via des chemins relativement escarpés.
Les "+" : gratuits, vraie rando, moins de monde, paysages incroyables, balisés en blanc et rouge
Les "-" : nécessitent une bonne condition physique, pas forcément adaptés au plus grand nombre

*le bateau
Le bateau offre des beaux points de vue sur les Cinque Terre...néanmoins, ce mode de déplacement peut se révéler couteux : 22 euros par personne pour un billet journée permettant de faire la navette entre les villages. Les bateaux fonctionnent de 8h45 à 17h30.

*le train 
Les 5 villages sont équipés de gare. Compter 4 euros le voyage (que ce soit de Monterosso à la Spezia ou juste pour faire Monterosso / Vernazza).

III. L'équipement
Nous avons croisé des tas de randonneurs sur-équipés durant ces 5 jours. Du genre à avoir violé le rayon Decathlon avant leur départ : maillot, pantalon, sac à dos, bâtons de marche, chaussures ultra high tech, j'en passe et des meilleures.

Perso, nous y sommes allés en baskets / short ou jean's. J'ai même fait une rando en jupe en jean's et débardeur. Je l'ai bien vécu et je ne me suis pas sentie plus gênée que ça. A l'exception d'une randonnée (je préciserai laquelle plus loin), aucune ne mérite un équipement digne d'un pro. Prévoyez de l'eau et un en-cas, comme pour toute randonnée, ainsi que de la crème solaire. Le reste vous encombrera plus qu'autre chose.

IV. Les randonnées

Cette carte ne m'appartient pas, je l'ai simplement trouvée sur le net pour illustrer mon propos. Si cela pose un problème au propriétaire, qu'il le fasse savoir maintenant ou se taise à tout jamais



Jour 1 : de Vernazza à Monterosso via le Cinque Terre path (partie 1) : 4 km

Vernazza n'étant pas New-York, il est facile de trouver le chemin nous conduisant au sentier de randonnée (pour info, sur votre droite quand vous prenez la rue principale de Vernazza en sortant de la gare).
Après quelques centaines de mètres à peine, vous aurez un joli point de vue sur Vernazza et son port.


Ensuite, c'est parti pour la randonnée. Celle-ci ne présente pas de difficulté majeure. Il y a des escaliers en début de rando qui vous mettront directement dans le bain mais une fois passées les 20 premières minutes, le reste de la balade se fait tranquillement (à base de tranquillade).



Un chemin plutôt easy après la montée du début

                                                Des rencontres sympas sur le chemin qui l'est tout autant

Avant d'arriver à Monterosso, on descend des dizaines et dizaines d'escaliers, dont les marches étaient d'hauteur inégale. Ainsi, j'en déduis qu'il vaut mieux faire la randonnée dans le sens Vernazza / Monterosso que dans le sens Monterosso / Vernazza. J'ai nettement préféré les descendre :D

L'arrivée à Monterosso, l'eau est turquoise, il fait beau, c'est le rêve !
D'après les guides, il faut compter 2 heures de marche pour rejoindre les deux villages. On l'a faite en 1h30, sans se presser et en faisant pas mal d'arrêt photos.
Monterosso est le "plus gros" village des Cinque Terre, il ne ressemble pas du tout aux autres. Il fait surtout grosse station balnéaire. Néanmoins, la vieille ville mérite une petite visite avec ses ruelles colorées et étroites.






Après  une bonne rando et une visite du village : le réconfort d'un Spritz !

Jour 1 : de Monterosso à Levanto via Punta Mesco (partie 2) : 7 km

Monterosso, sur le chemin de la "ville nouvelle"
La journée est encore loin d'être finie. Hop, on repart direction Levanto, 7 km de randonnée. A partir de là, fini le sentier Azzuro, donc plus de souci sur la gratuité ou non des sentiers : tout est gratuit.
Au bout de la "ville nouvelle" de Monterosso, vous aurez un panneau qui indique Punta Mesco. C'est ce chemin qu'il faut prendre sur un peu plus de 2 km.
Le début de la randonnée est très rude. On l'a faite en début d'après-midi, en plein soleil, il faisait très chaud. Non seulement le sentier monte GRAVE mais en plus, le sol est plein de cailloux, avec une tendance à la glissade. Je pourrais vous montrer une photo de moi concentrée sur mes pas pour éviter de m'effondrer mais je préfère que vous gardiez une image positive de moi.
Sur la route de Punta Mesco
Mais, comme un accouchement, après en avoir bien chié, tu es enchantée d'arriver à Punta Mesco quand tu vois le paysage merveilleux qui se déroule devant toi. Le ciel était menaçant, le haut des montagnes semblait être dans la tourmente d'un orage. Et nous, nous étions là, à Punta Mesco, crevés mais ravis !

La côte des Cinque Terre vue de Punta Mesco



Après l'émotion de la montée, on repart pour Levanto. Nous changeons de côté de la montagne, le soleil revient, le chemin est tranquille. La vie est belle.



Faut pas avoir le vertige non plus
La rando se fait normalement en 2h30, tablez plus sur 3h. Le début est assez violent et sous le soleil, vous irez un peu plus doucement.

L'arrivée à Levanto

Un sympathique terrain de tennis

Dans les rues de Levanto

Levanto est une petite ville sympa et agréable mais sans grand intérêt culturel. Vous pouvez déambuler dans les rues puis rentrer à votre point de chute en train pour profiter du coucher du soleil, d'une pizza et d'une glace bien méritées.




Jour 2 : de Vernazza à Corniglia (partie 1) : 4 km

Aucune courbature de la veille. On se sent en pleine forme pour attaquer à 8h cette nouvelle journée de marche. 
L'étape de Vernazza à Corniglia fait 4 km et se fait très facilement, c'est la marche la plus facile que nous ayons été amenés à faire. La balade est très agréable, surtout le matin à la (Georges) fraîche. 

Départ de Vernazza, un autre point de vue sur le village

Encore des escaliers...pas bien méchants, ceci dit (on a connu pire)

A l'approche de Corniglia

Un aperçu des chemins
 Au bout d'1h30, on arrive à Corniglia, village qui ressemble à un nid, perché sur le rocher.




Le village se visite rapidement. Vous aurez une vue exceptionnelle sur la pointe ouest du village, qui donne l'impression d'être seul au monde...

...ou presque ! :D

Végétation méditerranéenne

C'est bien beau tout ça mais il faut qu'on se remette en route pour la suite ! 

Bye bye Corniglia !


Jour 2 : de Corniglia à Manarola en passant par Volastra (partie 2) : 7 km

Le sentier Azzuro de Corniglia à Riomaggiore (en passant par Manarola) étant fermé, nous avons pris l'itinéraire bis, en passant par le village de Volastra (qui n'est pas un village des Cinque Terre). On ne peut pas dire que le chemin soit difficile...c'est juste le nombre de marches qui rend le tout fatigant. J'ai vu sur un site qu'il y aurait 1200 marches à gravir. Vous aurez un peu l'impression de ne faire que monter et descendre, ce qui, avec la fatigue et le soleil qui cogne, peut vous agacer un brin. 
Malgré toute cette sueur et ces efforts, une fois de plus...le paysage saura vous récompenser...Le chemin passe à travers un nombre incalculable de vignes et d'arbres fruitiers. Et si en plus vous avez la surprise de croiser des copains sur la route, tout devient génial !




Oh ben ça alors...mais...On s'connait !!!!!
Arrivée à Manarola
Pour faire ce chemin agréable mais rempli d'escaliers, prévoyez entre 2h30 et 3h. 
Une visite à Manarola s'impose avant le déjeuner.





Jour 2 : de Manarola à Riomaggiore (partie 3) : 3 km

Comme je le disais plus haut, le sentier Azzuro était fermé. Nous n'avons donc pu faire la "Via dell'amore" qui est un petit chemin tout fastoche pour relier ces deux villages, un itinéraire qui se parcourt en une heure.
Nous avons dû encore emprunter l'itinéraire bis, le trail 531.
Il faudra environ 2h pour cette randonnée qui est vraiment sportive. Des escaliers, qui montent montent montent, n'en finissent plus de monter jusqu'au sommet de la montagne. Un dénivelé de plus de 200 m est présent. Tout est très abrupt, pas d'étape transitoire dans la montée.
Je n'ai pas de photo des escaliers (j'étais concentrée sur mon souffle, mes pas, mon rythme cardiaque) mais j'en ai trouvé une sur le net qui montre bien ce côté sportif.

Voilà, c'est ça que vous devez monter
Comme tout grand sage, il faut se dire qu'après une montée, il y a forcément une descente. Donc un moment plus facile...
Pour l'anecdote, au sommet, j'ai croisé une femme enceinte. Bien enceinte en plus, avec un gros ventre rond. Je lui tire mon chapeau : juste avec ma graisse, j'ai craché mes poumons sur cette étape. 


Riomaggiore...ENFIN !





Riomaggiore a été construit dans une cuvette. On voit surtout cette originalité lorsqu'on prend le bateau.

Riomaggiore, village vu du bateau
 Après une glace et beaucoup d'émotions, nous repartons en train à Vernazza, où nous retrouvons nos copains pour une baignade au coucher du soleil !



Jour 3 : de Vernazza à Portovenere en bateau puis Portovenere à Palmeria en bateau aussi
Rando : tour de Palmaria - 7.5 km

Le Portovenere est un village au sud de La Spezia, faisant partie du Parc National des Cinque Terre. Nous l'avons rejoint par la mer, l'entrée est très impressionnante. En effet, à première vue, on ne remarque qu'un imposant rocher. Plus le bateau avance, plus on aperçoit l'Eglise San Pietro (12ème siècle) et enfin on arrive dans le port et la ville apparait sous nos yeux ébahis (c'est beau, c'est cadeau).

San Pietro

Le village depuis le bateau

Portovenere

Le vieux château - Portovenere

La balade à Portovenere touchant à sa fin, nous prenons une petite navette pendant 10 minutes pour rejoindre l'île de Palmaria. 
Palmaria est encore sauvage, presque pas habitée. On croise peu de monde sur les chemins de randonnée, on ne croise pas grand chose de remarquable non plus. Vous faites le tour en 3h environ, tour de 7.5 km. Globalement, ce chemin ne présente aucune difficulté sauf le tronçon final, la descente de l'enfer, pas spécialement adaptée à la randonnée, juste une grande glissade de pierres. Nous avons croisé une dame avec des talons hauts qui montait ce que nous étions en train de descendre. Bon courage et RIP.


Sur l'île de Palmaria, avec Portovenere en toile de fond


Vue depuis Palmaria

Étant donné que nous n'avions que 7.5 km dans les pattes et que cela ne nous suffisait pas, nous avons entrepris d'aller de Portovenere à La Spezia à pieds. 
Sauf que ce chemin, long de 11 km, n'est pas un chemin de randonnée mais une route en lacets pour voiture.
Après avoir frôlé la mort à chaque virage, passé Le Grazie (un village entre Portovenere et La Spezia), je déclare forfait et demande à ce qu'on prenne le bus. Bus qui  nous aura coûté la bagatelle de 5 euros par tête de pipe. 5 euros le ticket de bus pour faire 7 km. Youpi.


Jour 4 : de Camogli à San Fruttuoso - 7 km

 Nous voilà débutant cette nouvelle journée par un voyage en train de Vernazza à Camogli, qui se situe au nord des Cinque Terre. Notre but est d'aller jusqu'à l'abbaye de San Fruttuoso, toujours en randonnant. 
A l'arrivée de la gare de Camogli, il vous faudra prendre un petit chemin sur la droite qui indique l'église de San Rocco. Un looooong chemin rempli de marches s'offre alors à vous, 800 marches pour faire dans la donnée chiffrée. Néanmoins, comparé à ce que nous avions vécu 2 jours plus tôt, ces marches se montent plutôt facilement...
Une demie heure plus tard, vous arrivez à San Rocco et son Bar "le Pippi"


Jusque là, la journée était plutôt sympa, le soleil brillait et tout allait bien. Nous continuons la randonnée. 
Après réflexion, je pense que nous avions très mal préparé cette étape. Nous aurions dû plus nous renseigner sur le chemin, ce qu'on allait y trouver etc. J'avais juste lu un article sur le net qui ne faisait pas état de difficulté particulière...l'article disait même "il y a des chaînes en métal pour sécuriser le terrain mais elles sont inutiles". AH AH AH.
Sauf qu'au bout d'1h30 de marche où il n'y a pas trop de dénivelé, tu découvres que le chemin part en cacahuètes à Passo del Bacio. Sauf erreur de notre part, nous n'avons vu aucun panneau nous prévenant du danger.
Passo del Bacio, c'est un chemin à même la roche, où tu as de la place de ne mettre qu'un pied. Sauf que c'est con, la plupart des Hommes en ont 2. Du coup, il faut avancer très prudemment en te tenant à la chaîne rouillée. Le chemin glisse quand tu ne portes que des "running", tu as le vide sous toi. Un faux pas et tu tombes. Quand par dessus le marché, tu rajoutes une peur du vide viscérale, ça donne quoi ? Bah ça donne qu'en plein milieu du passage, ton corps ne veut plus avancer, toi non plus, tu ne peux plus bouger. Je me suis accroupie en me tenant à la chaîne, je disais "je peux plus, là", je tremblais comme jamais. Je n'avais pas 36 solutions : soit j'avançais, soit je tombais. Impossible de faire demi-tour (ça aurait été du suicide !). Aimant la vie, j'ai décidé d'avancer. Au passage, je rends ici hommage à Miles qui ne s'est pas foutu de moi (il aurait pu tellement j'étais pitoyable), qui a parlé calmement, qui est venu me tendre la main et m'épauler (au sens propre du terme). C'est ainsi, m'accrochant à lui qui était devant moi et à la chaîne, que j'ai réussi à passer ce p***** de Passo del Baccio. 

Là encore, j'étais un peu trop occupée pour prendre des photos, je suis allée piocher ici et là sur le net. 

Vous ne voyez pas le chemin de randonnée ? C'est normal, il n'y en a pas. LOL.

Un endroit bien sympa

Du coup, j'ai été plutôt bougonne pour la fin de cette rando, en soufflant d'exaspération assez régulièrement. Mais soudain...après 3h, tu arrives à l'abbaye de San Fruttuoso. Son eau turquoise, sa petite plage...Tu cours te jeter sur la plage, t'installer et ne plus bouger. 




San Fruttuoso n'est accessible que par la mer ou à pieds. Ce qui lui donne un petit air d'endroit secret, clos...
Enfin, nous avons repris le bateau pour repartir à Camogli. 





 


Ciao les Cinque Terre !